E-SHOP E.DEHILLERIN
La Boutique en ligne
Recherche rapide
FrançaisEnglish

Horaires d'ouverture :

 

 
Lundi

09:00 – 12:30

14:00 – 18:00

Mardi 09:00 – 18:00
Mercredi 09:00 – 18:00
Jeudi 09:00 – 18:00
Vendredi 09:00 – 18:00
Samedi 09:00 – 18:00

Dimanche

Jours fériés

Fermé

 

 Eshop

Boutique E.DEHILLERIN

Boutique E.DEHILLERIN



 

L’HISTOIRE DEPUIS 1820

 

Pour un touriste ignorant de Paris comme le baron suédois de La Vie parisienne, le musée d'artillerie se trouvait au Bazar de l'Hôtel de Ville. Nul doute qu'il aurait confondu la boutique Dehillerin avec le palais de quelque prince oriental ou pharaon égyptien.

 

 

Depuis un siècle, sans faillir, des accessoires où domine le métal animent du parquet au plafond, inclus par une savante accumulation, un décor austère. Pour les initiés, un escalier à double volée descend ensuite vers l'antre de la batterie de cuisine. Avec quelque sereine indifférence au temps qui passe, y palpitent les reflets de vastes récipients de cuivre parés pour de futurs « balthazars ».

Le fondateur, Eugène Dehillerin, est né en 1856. Habitant rue Montmartre, il avait sa pratique avec les gens des Halles, auxquels il fournissait du matériel de cuisine. Reprenant sous son enseigne un ensemble de petits commerces complémentaires au nombre desquels se comptait un atelier d'étamage, 7 rue du Bouloi, il bénéficia de leur ancienneté et put ainsi se recommander d'une existence remontant à 1820. Après son déménagement vers 1890 à l'angle des rues Jean-Jacques-Rousseau et Coquillière, l'établissement offrait le front serein des maisons prospères. Sous l'aile d'une vaste marquise contournant l'angle de l'immeuble venait se nicher tous les matins, portée par une cohorte de desservants, la déclinaison la plus complète de l'immense famille des ustensiles et des récipients culinaires. En 1909, un petit ouvrage qui présentait les fleurons touristiques de la capitale sous le nom de La Ville Lumière recommandait la boutique Dehillerin comme « une des curiosités de Paris ».

La mort prématurée d'Eugène venait pourtant de porter un coup à la maison, qui ne dut sa pérennité qu'à l'énergie de la jeune veuve, une maîtresse femme qui se fit aider de son fils, Maurice, et de son gendre, assisté de ses deux fils Jacques et Raymond. Etonnante par le décor évoqué plus haut, la maison attirait surtout par l'excellente qualité du matériel qu'elle fournissait essentiellement aux métiers de la restauration et aux cuisines des grandes maisons. Le gotha s'approvisionnait chez elle mais, par discrétion, la maison n'a jamais livré les noms de sa clientèle. Après la guerre de 14-18 dont il était revenu indemne - il devait malheureusement disparaître en déportation pendant la Seconde Guerre mondiale -, Maurice Dehillerin entreprit la construction d'ateliers non loin de la porte de Versailles : un atelier d'étamage, un atelier de chaudronnerie, un troisième fabriquant des chambres froides. Il en vint ainsi à équiper de grands hôtels parisiens comme l'hôtel Lapérouse, le Parc des expositions et le célèbre paquebot Normandie.

La maison a fermé ces ateliers depuis une quarantaine d'années, déléguant la fabrication à diverses entreprises qui travaillent selon un cahier des charges très rigoureux. D'une centaine à cette époque, le nombre d'employés s'en est trouvé diminué, certes, mais à la boutique travaillent toujours une bonne quinzaine de personnes.

 

« Notre travail à présent, c'est de sélectionner chez les bons fabricants le meilleur du matériel de cuisine, explique Jean Dehillerin, petit-fils d'Eugène, le fondateur et père de l'actuel directeur ; cela implique d'être présent pour l'après-vente et de savoir traiter tout problème qui se présente, face à une clientèle exigeante. »

De la cuillère en bois à l'autoclave en passant par la sorbetière, on trouve en un seul lieu un équipement complet pour la cuisine et la présentation sur table. Le catalogue s'est considérablement enrichi depuis une quinzaine d'années, d'autant que les fournitures pour pâtissiers, innombrables notamment par la diversité des moules, se sont jointes aux références existantes.

Moins fréquents sont les disparus : qui se souvient de la « passoire niçoise » avec laquelle nos grands-mères faisaient la purée, évincée par le moulin à légumes ? À côté de lui survivent le tamis et le pilon, dont certains chefs ne se sépareraient sous aucun prétexte.

La coutellerie constitue une des raisons pour lesquelles nombre de cuisiniers font connaissance avec Dehillerin dès leur apprentissage : comme la baguette d'un chef d'orchestre, la panoplie de couteaux - dite « galantine » - est l'accessoire indispensable du débutant à l'école hôtelière. Même les Japonais et les Suédois, pourtant spécialistes des aciers les plus fins, viennent s'approvisionner pour certains modèles spécifiques dans la boutique à l'enseigne du coq. « D'ailleurs, dit Jean Dehillerin, c'est le chef de cuisine d'une maison qui opte ou non pour nos fournitures, et nous le suivons dans les différents lieux où se poursuit sa carrière. »

La base de la clientèle se compose de restaurants français et étrangers (20 % du chiffre d'affaires est réalisé à l'exportation) et de particuliers gourmets connaisseurs : « C'est une clientèle attachante, ajoute Jean Dehillerin, pour laquelle la cuisine constitue une forme d'art ; les amateurs de bonne chère sont souvent de rapports agréables. Au nombre de ceux-ci se comptent... les Américains, qui, à l'époque de la résidence du S.H.A.P.E. (Suprême Headquarters Allide Powers Europe) à l'ouest de Paris, venaient en ville le week-end. Très curieux des batteries de cuisine en cuivre, ils voulaient d'abord les utiliser pour des grillades. Nous leur avons expliqué l'usage de ce matériau et ils se sont mis, par intérêt et par goût, à une cuisine recherchée. »

Des concurrents, la maison en a certes, mais elle a surtout bâti sa renommée sur son aptitude à conjuguer la tradition - si prégnante en matière culinaire -, et le large éventail des techniques innovantes. À cette faculté d'ouverture s'ajoute une solide réputation de droiture et d'honnêteté commerciales.

Pour Dehillerin, la disparition des Halles n'a rien changé. L'ouverture du Centre Georges-Pompidou est encore à présent un facteur d'animation dans le quartier : les guides touristiques recommandent aujourd'hui de visiter dans le 1er arrondissement le Louvre, le Centre Pompidou et Dehillerin.